Le vrai faux authentique

Je ne suis pas un grand consommateur de radio, mais j’ai mes habitudes. Dans l’auto, je préfère la radio qui parle; en travaillant à l’ordinateur, il faut que ce soit de la musique instrumentale... Si la Belle écouteuse devient trop bavarde, je la remplace sans vergogne par un CD de piano, de guitare ou même d’orchestre qui me sert de décor pour mes activités...

Quand le matin, Mamie Beth est partie à son école, je descends faire mon courrier avec CBF FM. Quand j’ai fini, je monte ouvrir la radio-qui-parle pour m’accompagner dans la mise à jour de la maison (ramasser la cuisine, la chambre de bain, faire le lit...). Ceci se fait durant la dernière partie de « C’est bien meilleur le matin » et le début de l’émission de Marie-France Bazeau.

Cette semaine, Marie-France recevait Sergio Kokis, un peintre écrivain argentin qui lance son volume intitulé L’Art du maquillage. Si j’ai bien compris, il y fait un rapprochement entre les peintres faussaires et l’effort que les gens font pour se composer un personnage dans la vraie vie, maquillant en quelque sorte, leur réalité.

Les événements de la semaine ont continué d’alimenter ma réflexion. Lady Di... Tout le monde admet qu’elle était avant tout une image médiatisée. Qui était la véritable Diana Spencer sous le maquillage? Une imposteur parce qu’elle soignait une image qui, par ailleurs était devenu son principal instrument professionnel... et personnel?

Ensuite, que les sujets britanniques me pardonnent le peu de transition, j’ai fait un rapprochement avec ce bon père de famille américain un peu timide qui, dès qu’il est devant son micro à la radio, se met à postillonner toutes les insanités possibles, parce que c’est comme ça qu’il gagne le mieux sa vie. Peut-on en vouloir à Howard Stern? Il faut bien faire vivre sa famille...

Et s’il peut gagner sa vie ainsi, dit Foglia, c’est qu’il y a des gens comme vous et moi qui trouvent cela drôle... qui approuvent, par exemple, l’humour à la Piment fort... (le Piment de la télé, bien sûr !) Il faut une bonne cote d’écoute pour justifier les sommes que paient les commanditaires pour s’associer à ce genre d’image?

Ne reculant devant rien, j’ai poussé le rapprochement avec nous, les Amis virtuels qui faisons des efforts notables pour nous composer un personnage, parfois un peu idéalisé, pour les fins de converser avec nos amis sous un jour « à notre goût ». Combien ont eu un choc à la « rencontre physique » de l’âme sœur virtuelle?

Est-il malhonnête de se maquiller le visage? De cacher certains défauts qui nous affligent ou dont nous nous croyons affublés? Est-ce mauvais que de se farder un peu l’âme pour avoir un air qui correspond un peu mieux à ce que l’on voudrait être? C’est quoi la vraie personnalité? De toutes façons, en se donnant un pseudonyme on crée automatiquement un nouveau personnage. Un jour, je vous parlerai de ma théorie sur l’influence du prénom sur la personnalité!

Dès sa naissance, selon qu’il est garçon ou fille, aîné, cadet ou « du milieu », l’être humain apprend très tôt à se maquiller une personnalité qui, à la fois, l’intègre à sa famille et correspond à sa capacité, à ses talents.

Foi de Piment, précédé de deux frères et suivi de deux soeurs, j’ai toujours tenté d’être gentil, de ne pas faire de vague, d’écouter ce que les autres attendent de moi et d’essayer de correspondre à leurs attentes pour en retirer des sourires, des compliments et... pour arriver à mes fins! Je n’ai pas vraiment changé. Certains, même parmi mes enfants, me reprochent de ne pas être authentique. De ne pas dire tout de suite ce que je ressens, même au risque de blesser ceux qui m’entourent. Ils m’accusent de ne pas livrer le fond de ma pensée, de prendre soin de maquiller mon personnage quoi! C’est quoi au juste ma vraie personnalité? Celle que je veux présenter aux autres? Celle que les autres voudraient que je sois? Y a-t-il un être prédéfini qui existe quelque part en moi, une espèce de vérité vraie et secrète que je me refuse de révéler ou qui me refuse de se révéler?

L’équilibre de notre image doit se retrouver quelque part entre le miel de la politesse obséquieuse et la violence de l’obscénité. L’honnêteté sociale doit résider dans l’art de se maquiller selon le milieu où l’on se trouve. Pas trop comme le caméléon pour ne pas disparaître dans le décor. Nous nous devons quand même d’ajouter notre couleur à la courtepointe de la société... Mais les contrastes sont parfois trop violents et jurent par rapport au milieu et nuisent ainsi à l’ensemble...

Pierre Imbeau (^I^)

 

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NOTE : À cette époque la mode Internet était à celle des surnoms. Le mien était «Piment»