AVANT DE FORMATER VOTRE «C»

Permettez-moi de venir vous raconter une aventure qui pourrait éventuellement vous rendre service.

On est le vendredi 26 novembre 1999... à un mois du bogue de l'an 2000. Sans paniquer, je tiens quand même à m'éviter les mauvaises surprises. Pas tellement celles du bogue lui-même que celles qui pourraient être causées par les créateurs de virus qui seraient tentés de profiter de cette période pour sévir plus fort que d'habitude. Je prends donc certaines précautions. Je fais une belle série de copies de sauvegarde de mes fichiers que je place sur mon disque D escamotable; je télécharge la dernière version de l'antivirus Norton pour remplacer la copie « empruntée » (lire « piratée ») qui date déjà de plusieurs mois. Comme on le sait, pour effectuer la mise à jour d'un antivirus, il faut être correctement enregistré auprès du fabricant. Or à cette époque, j'avais un peu négligé cette consigne.

Dès que je lance mon nouvel antivirus, l'écran rouge-panique se met à scintiller : « Plusieurs de vos fichiers sont contaminés par PrettyPark.worm. » Sans hésitation, je clique sur le bouton suggéré pour circonscrire l'ennemi et le mettre en quarantaine. Et, c'est alors que le ciel me tombe sur la tête... ou plutôt sur l'ordi. À compter de ce moment, plus moyen de commander quoi que ce soit à mon ordinateur. Windows est toujours là, Explorer m'indique que tous mes fichiers sont encore présents sur mon disque rigide, mais impossible d'en ouvrir un seul : « Le pilote de périphérique virtuel Files32.vxd est manquant. »

En fait, le virus ayant envahi TOUS les fichiers exécutables (*.exe), Norton les a TOUS mis en quarantaine... Vraiment là, j'ai compris à quel point ces fichiers sont précieux. Comme pour les choses et les gens, c'est quand on en est privé, qu'on en apprécie vraiment la valeur...

En taponnant sur l'ordi au cours de la fin de semaine, sans trop de conviction, j'ai fini par démarrer certains logiciels comme Eudora ou Word en double-cliquant sur un de leurs fichiers. Même Netscape a pris vie quand je suis allé double-cliquer sur un fichier *.html... Ainsi, de peine et de misère, en me branchant à partir d'Eudora, j'ai pu aller sur les sites antivirus pour en savoir plus long sur PrettyPark.worm et pour apprendre comment me sortir d'impasse. Les outils suggérés ne pouvaient pas fonctionner : les fichiers infectés étaient inaccessibles puisqu'enfermés en quarantaine par Norton.

Les amis experts appelés au secours m'ont tous confirmé qu'il me faudrait probablement formater mon disque rigide. J'en étais très déçu, car quelques mois auparavant, j'avais fait faire le grand ménage de mon ordinateur et tout fonctionnait à merveille. Le technicien de mon fournisseur Internet, justement celui qui avait fait de l'ordre dans ma machine, m'a fait le même diagnostic. J'allais me résigner à ce massacre de mon disque quand je me suis souvenu que j'avais acheté mon antivirus directement chez Norton et qu'il était dûment enregistré.

Lundi matin, vers 10 heures, j'appelle donc, le numéro 800 de Norton. Après le dédale habituel des choix dans le menu vocal « Si vous appelez pour ceci, appuyez sur cela... », le bureau de Toronto m'apprend qu'il est fermé pour la journée. « En cas d'urgence vous pouvez appeler au 1(450) 926-5620 ». En notant le numéro, je réalise que c'est un indicatif régional 450, donc un numéro de la région de Montréal. Je m'empresse de le signaler pour entendre enfin une voix humaine jeune et fort sympathique.

Je lui raconte mes mésaventures... Je suis resté trois heures au téléphone à suivre patiemment ses directives. À un moment donné, le jeune m'a dit : « Je dois consulter un collègue, préférez-vous que je vous rappelle? » Je me sentais un peu comme le désespéré que la standardiste du 911 garde éveillé en lui parlant constamment! Je l'ai presque supplié de ne pas me quitter. J'étais prêt à attendre. Tout à coup, j'ai réalisé qu'il passait midi et que le jeune devait avoir faim. Je lui ai offert d'aller dîner et de me rappeler ensuite, mais il a refusé. À certains moments, le collègue s'est joint à nous. Croyez-le ou non, ces jeunes ont sauvé mon disque en utilisant un subterfuge digne de la guerre des étoiles : on a renommé les fichiers cruciaux sous un nom que le virus ne reconnaissait pas, et nous avons remis le tout en marche. Il a même fallu que je détruise mes copies de sauvegarde, car elles étaient infectées et ramenaient le virus dans mon système.

Bref, voici quelques leçons tirées de cette expérience : Ce n'est pas un luxe de protéger son ordinateur par un antivirus dûment enregistré; de mettre son antivirus à jour au moins tous les 15 jours; de ne pas hésiter à consulter plusieurs spécialistes, si les premières solutions proposées semblent discutables; le cas échéant, de décontaminer aussi ses copies de sauvegarde, car les antivirus prennent les fichiers antérieurs pour remplacer ceux qu'ils doivent détruire.

Mieux vaut prévenir que guérir : les précautions valent toujours mieux qu'une catastrophe...

Pierre Imbeau (^I^)

 

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