LE GRAND VIDE

Tout le mois d'avril a été ensoleillé, mais, depuis quelques jours, c'est une véritable canicule que nous vivons. On se croirait plus en juillet qu'en mai! Cette superbe température nous a permis de déménager Maryse et Nakoah dans leur nouvelle maison, dans des conditions idéales. Est-ce que je vous avais dit que Maryse demeurait chez nous avec son fils de trois ans et demi depuis le début de mars?

Quand, à la mi-février, nous l'avons invitée à s'installer ici temporairement, Mamie Bethe et moi, nous voulions qu'elle soit le plus à l'aise possible pour ne pas précipiter son choix d'un logement permanent. Personne n'a vraiment le goût ni les moyens de se tromper quand il s'installe de façon permanente, encore moins une petite maman qui va y vivre seule avec son fils.

Nous souhaitions que leur séjour ici soit le plus court possible, pour eux, bien sûr, mais aussi pour nous qui avons nos habitudes : depuis son départ pour l'Ungava (la réserve indienne crie de Mistissini), il y a cinq ans, nous occupons tous les espaces de la maison, et encore bien plus depuis trois ans, que je travaille dans le sous-sol.

Nous avions prévu cette coexistence pour une période de quatre mois dans la pire des hypothèses. Mais, elle a déménagé dans sa maison de rêve après seulement deux mois... Comme la mienne est vide tout à coup, dans son quotidien! Pas d'éclats de Nakoah, pas de jouets qui traînent dans un désordre savamment orchestré, pas de défis à la cachette, pas de « patate monsieur » à l'ordinateur, pas de marche au parc, pas d'entraînement de bicyclette, pas d'émissions de télé comme prétexte à rester de longues minutes collé/collé dans le même fauteuil... et je peux facilement vous faire une énumération semblable pour la maman qui a, elle aussi, toujours pris beaucoup de place. Voilà! Tout cela a habité ma maison, tout cela est maintenant ailleurs... et c'est bien comme ça, paraît-il.

Je ne crois pas que je m'ennuie. Ils n'habitent qu'à une demi-heure d'auto. C'est tout de même mieux que les 900 kilomètres d'il y a trois mois ! Mais, c'est encore un ajustement! Auparavant, quand ils venaient en vacances, quelques semaines, nous avions le loisir de jouer aux grands-parents « gâteau », parce que justement ce n'était pas le quotidien, mais bien, les vacances. Cette fois-ci, c'était forcément différent. Après quelques jours, nous avons réussi à trouver une dynamique relativement sereine, un heureux compromis ajusté à la vie quotidienne à quatre, un équilibre plus que satisfaisant, et ce, pour toutes les parties...

Aujourd'hui, retour à la case départ! Il faut me dépêcher de faire le tour de la maison pour replacer les choses, pour effacer les traces du passage de cet ouragan d'affection, car, qui sait si je ne me mettrais pas à m'ennuyer s'il fallait que je butte sur un jouet oublié.

Pierre Imbeau (^I^)

 

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